TAVOLA ROTONDA 2013

“Les difficultés d’une “ avant-garde”. Le vin “nature” refait ses comptes : synthèse et perspectives de cette mouvance."

 Table ronde animée et modérée par Samuel Cogliati et Christine Cogez-Marzani. Avec la participation de Gianpaolo Di Gangi (Servabo, laico di parte) et de Bernard Belhassen (association AVN).

Publié en 2013, l'ouvrage Il vino "naturale" – I numeri, gli intenti e altri racconti (Servabo, laico di parte, Versanti Società Cooperativa) analyse de manière méticuleuse le monde du vin dit " naturel " en Italie. Outre les contributions de nombreuses personnalités du secteur, ce livre comporte une nouveauté importante : le premier recensement du vin " nature " transalpin. À présent, cette mouvance peut donc aborder une réflexion sur la base de données statistiques concrètes.

À partir de la présentation des principaux résultats de ce travail, la table ronde a donc l'ambition de stimuler une discussion collégiale entre les vignerons présents, afin d'aboutir à de nouvelles perspectives partagées de croissance.
L'" avant-garde " est désormais prête pour devenir " révolution éthique ".

"Servabo, laico di parte est un auteur collectif qui, par le biais de voix différentes, souhaite appréhender le rôle social et politique de la culture du vin et de l'alimentation. Ce projet est ouvert à celles et ceux qui reconnaissent le lien essentiel entre les peuples, leurs terroirs, leur histoire et leurs aliments (www.servabo.it).

Les résultats de notre étude nous donnent un portrait d'un mouvement du vin naturel qui est coupé en deux. D'une part, on relève une vive effervescence parmi les sujets qui ont compris comment trouver leur place dans un évident manque de définition, mais d'autre part il y a un

ensemble d'identités diverses qui ont du mal à se présenter, à partager des objectifs et des valeurs communs et à se percevoir comme parties d'un même système. Il s'agit d'approches trop différentes pour établir une synthèse, il faut donc observer deux réalités, deux mouvements qui se développent en parallèle et qui ont de moins en moins intérêt à dialoguer, à partager des espaces communs, ni physiques ni dans l'imaginaire collectif.

Il y a désormais clairement deux naturels.

Il faut en prendre conscience pour avancer. Il n'y a pas de synthèse possible, par exemple, en ce qui concerne des questions cruciales comme la nécessité d'être plus clairs et identifiables face au consommateur, et le fait de s'obstiner à en discuter tous ensemble ne fait que paralyser les solutions et les objectifs, qui ne vont jamais au-delà des slogans.

Il y a une partie du mouvement qui se présente comme un sujet qui veut être étudié, qui est profondément convaincu que la rencontre entre  producteurs et consommateurs ne se réalise qu'à travers la recherche d'une profonde connaissance de l'autre et qu'elle ne peut pas être traduite par un message direct et transparent, parce que cela entraîne forcement une simplification et des compromis. Le fait de ne pouvoir être classés est un trait essentiel de leur identité.

C'est une idée sublime qui, vue sa complexité, mérite respect et attention, afin d'en saisir lesnuances et de participer.

Cependant, de manière paradoxale, c'est précisément ce dernier le naturel qui discute et qui, trop souvent, est obligé de se défendre ou de répondre aux attaques, parce qu'il s'est perdu dans la contestation en alimentant la «prophétie autoréalisatrice», si bien qu'il a été exclu du débat de la part de sujets très différents d'un point de vue idéologique. Bref, «le roi est nu», mais ce n'est pas leur roi!

La recherche d'un habit apte à couvrir ce roi et tous ses courtisans (premièrement la presse) ce n'est pas leur problème.

Cela est démontré par les chiffres, qui décrivent des réalités trop différentes pour pouvoir être ramenées à une définition unique."

Gianpaolo Di Gangi est un des fondateurs de Servabo. Journaliste, il s'est longtemps occupé de tourisme, de restauration et d'art ; entre 2003 et 2011, il a participé au projet " Porthos ".

Samuel Cogliati, italo-français, est éditeur, journaliste et formateur. Sa micro-maison d'édition, Possibilia editore (www.possibiliaeditore.eu) est axée sur le monde du vin.

Christine Gogez-Marzani est, depuis plus de dix ans, à l'origine du salon Vini di Vignaioli – Vins de Vignerons, qui se tient à Fornovo di Taro, Parme, Italie. Elle est très engagée dans le monde du vin " nature ".

Bernard Belhassen, vigneron au domaine Fontedicto (Languedoc), fait partie de l'association AVN, qui regroupe un certain nombre de producteurs de vin " naturels " en France.

 

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